lundi
27 mars 2017
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Edito

« L’homme contem­po­rain écoute plus volon­tiers les témoins que les maî­tres ou s’il écoute les maî­tres, c’est parce qu’ils sont des témoins. » (Paul VI, aux mem­bres du Conseil des Laïcs). Voici l’his­toire d’un homme qui a jeté les bases d’une Europe réconci­liée : l’abbé Franz Stock. Né en 1904 à Neheim (Rhénanie-Westphalie) dans une famille très catho­li­que, il sou­tient sa mère dans l’éducation de ses huit frères et soeurs, pen­dant l’absence de son père mobi­lisé en 1914-1918. Rempli d’un idéal de paix, ce jeune alle­mand entre dans le mou­ve­ment Quickborn (Source Vive) qui pro­mou­vait la sobriété, la chan­son, l’amour de la nature, l’esprit d’équipe, la liberté et la ren­contre avec d’autres jeunes. Il se rend à Genève et acquiert la convic­tion que la paix en Europe « ne pou­vait exis­ter que si l’Allemagne et la France se réconci­liaient. » Tout natu­rel­le­ment, en 1926, il vient à Bierville (ex Seine-et-Oise) au 6è congrès démo­cra­ti­que inter­na­tio­nal pour la paix, orga­nisé par Marc Sangnier (fon­da­teur du Sillon), dont le thème était « La paix pour la jeu­nesse ». Puis il entre au sémi­naire de Paderborn. En 1928, il étudie au sémi­naire des Carmes à Paris. Ordonné prêtre en 1932, il est appelé par le Cardinal Verdier en 1934 pour être rec­teur de la paroisse alle­mande de Paris. Dans cette période très tendue, il veut rester le prêtre de tous : des Français, des Allemands, des réfu­giés de tous bords, des gens qui par­fois le détes­tent à cause de ce qu’il repré­sente. Et voici la guerre. En 1941, l’abbé Stock est nommé aumô­nier des pri­sons de Fresnes, de la Santé, et du Cherche-Midi par les auto­ri­tés alle­man­des. Il obtient la confiance de tous ces hommes promis, pour beau­coup, au pelo­ton d’exé­cu­tion. Il en a accom­pa­gné près de 2000 au Mont Valérien, parmi les­quels Gabriel Péri, Honoré d’Estienne d’Orves, Joseph Epstein. Sa pré­sence apai­sante, son regard fra­ter­nel ont compté beau­coup pour eux. En 1944, l’abbé Stock est pri­son­nier de guerre. En 1945, à l’ini­tia­tive de l’Abbé Rodhain et de quel­ques autres, les sémi­na­ris­tes alle­mands et autri­chiens pri­son­niers sont regrou­pés près de Chartres : c’est le « sémi­naire des bar­be­lés ». Grâce à Edmond Michelet qui l’avait connu en prison, avec l’appui de Mgr Roncalli (futur Jean XXIII), l’abbé Stock est nommé supé­rieur de ce sémi­naire où, pen­dant trente mois, 950 sémi­na­ris­tes conti­nue­ront leur for­ma­tion : parmi eux, 630 devien­dront prê­tres au ser­vice de leur pays. En avril 1947, le sémi­naire va fermer. Dans son dis­cours de clô­ture, l’abbé Stock lance : « Le chré­tien doit faire choc, être un scan­dale. » Le 24 février 1948, épuisé, l’abbé meurt seul, à l’hôpi­tal. Il est d’abord inhumé dans une fosse com­mune à Thiais, mais bien­tôt, grâce à un sur­saut de dignité, son corps sera déposé dans la belle église de Rechèvres, à Chartres. Lors de ses obsè­ques, Mgr Roncalli a dit : « L’abbé Stock, ce n’est pas un nom, c’est un pro­gramme. »

Père René-Jacques Traonouïl

Découverte de notre église
Si, jusqu’en 1932 le territoire de notre paroisse fut rattaché à Notre-Dame de Bercy, l’urbanisation de notre quartier depuis 1860 nécessita rapidement la construction d’un nouveau lieu de culte. Un terrain fut acheté en 1927 par l’Archevêché – le Cardinal DUBOIS à l’époque, et son auxiliaire Mgr CREPIN - entre l’avenue Daumesnil et la rue Claude Decaen. La crypte de notre église fut inaugurée dès l’Ascension 1929. Elle fonctionna en chapelle de secours en attendant que l’église supérieure s’édifie. Par manque de subsides les travaux n’avancèrent que lentement. A la mort du Cardinal DUBOIS fin 1929, celui-ci fut remplacé par Mgr VERDIER, qui lança ses fameux CHANTIERS DU CARDINAL en 1932, et reprit la suite de la construction (...)
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