A son arrivée à Jérusalem, en l’an 60, le gouverneur romain Festus découvre la présence d’un prisonnier dont le cas l’embarrasse. Cet homme nommé Paul est en butte à l’hostilité des autorités juives pour des raisons assez obscures, qui échappent en tout cas au représentant de l’empereur Néron en Judée. Leur différend tourne autour d’ « un certain Jésus qui est mort, mais que Paul prétend toujours en vie. » (Ac 25,19). A côté de formulations plus élaborées de la Bonne Nouvelle, comme celles de la 1ère lettre aux Corinthiens (1Co 15, 3-5) ou des grands discours apostoliques du livre des Actes, cette manière d’exprimer le mystère de Pâques peut paraître bien pauvre. Mais, dans la bouche du païen Festus, elle a le mérite de dire en des termes on ne peut plus ordinaires l’événement qui est au cœur de la foi des chrétiens : JÉSUS EST VIVANT ! Nous ne mesurons sans doute pas bien le caractère choquant d’une telle affirmation. Certes, au temps de Jésus, beaucoup en Israël croient en la résurrection des morts, ou tout au moins des justes, à la fin des temps. Mais lorsque les disciples proclament que leur Maître est déjà ressuscité, ils affirment du même coup que les derniers temps sont arrivés et qu’un monde nouveau est advenu. Aujourd’hui, en tant que baptisés, nous sommes à notre tour, avec Aline, Audrey, Marie et Marc, les témoins émerveillés de cette nouveauté inouïe. Depuis le jour de Pâques, Dieu accomplit inlassablement sa promesse : « Voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle. » (Is 65, 17).
Père Gérard Chantereau


