mardi
17 janvier 2017
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Edito

« S’il fal­lait donner tout l’Evangile pour une seule scène où il soit tout entier résumé, je n’hési­te­rais guère, je dési­gne­rais les dis­ci­ples d’Emmaüs... Deux per­son­nes cau­sant sur une route. Elles s’entre­tien­nent de ce qui est tou­jours si visi­ble en ce monde : l’échec des fon­da­teurs, les appa­ren­ces contrai­res, la décep­tion, les pro­mes­ses non tenues... » Jean Guitton Oui, deux mar­cheurs s’éloignent de Jérusalem. Ils sont abat­tus, décou­ra­gés. Quelqu’un les rejoint et marche avec eux. « De quoi cau­siez-vous donc tout en mar­chant ? » lance l’étranger entrant dans leurs préoc­cu­pa­tions. Alors Cléophas, tout sur­pris que l’étranger ne soit pas au cou­rant, raconte : il a entre les mains tous les éléments de ce qui s’est passé à Jérusalem mais, pour lui, tout cela n’a pas de sens. Les mar­cheurs se tai­sent. Alors, l’étranger prend la parole. Il pro­jette sur l’his­toire racontée par Cléophas une lumière, la lumière des Ecritures. « Et, par­tant de Moïse et de tous les pro­phè­tes », il fait entre­voir aux mar­cheurs une cohé­rence entre le drame qu’ils ont vécu et le projet de Dieu : la mort de Jésus est un scan­dale, c’est vrai, mais cette mort a un sens. Déjà, caché au milieu du Livre d’Isaïe (Is 53), un mes­sage sur­pre­nant évoque un ser­vi­teur souf­frant qui sau­vera le monde. L’étranger parle lon­gue­ment : il trouve les mots qui attei­gnent ces deux hommes abat­tus au cœur même de leur déses­poir. Avec lui, l’impasse devient un pas­sage. Doucement, la lumière repousse les zones d’ombre qui empê­chent de com­pren­dre et les convic­tions des mar­cheurs com­men­cent à bas­cu­ler. Avec cet étranger, tout change, même l’échec a un sens. Alors, ils veu­lent le garder avec eux : « Reste avec nous ». Ils s’atta­blent dans une auberge, et là, un simple geste, le « par­tage du pain » ouvre leurs yeux : ils reconnais­sent l’étranger. C’est Jésus vivant ! Un simple geste pré­paré par un long che­mi­ne­ment. On s’étonne de l’atti­tude de Jésus : pour­quoi n’a-t-il pas décliné son iden­tité dès qu’il a rejoint les mar­cheurs ? Il aurait pu se pré­sen­ter tout de suite, c’est vrai, mais alors la foi en la Résurrection n’aurait été qu’une croyance pla­quée arti­fi­ciel­le­ment sur leur vie. Jésus a voulu rejoin­dre les « pèle­rins d’Emmaüs » au cœur même de leurs préoc­cu­pa­tions d’hommes : ils ont pu expri­mer lon­gue­ment leur espé­rance déçue et c’est dans tout cela qu’il a ancré le grand projet de Dieu. Le com­pa­gnon de Cléophas, c’est vous, c’est moi !

Père René-Jacques Traonouïl

Découverte de notre église
Si, jusqu’en 1932 le territoire de notre paroisse fut rattaché à Notre-Dame de Bercy, l’urbanisation de notre quartier depuis 1860 nécessita rapidement la construction d’un nouveau lieu de culte. Un terrain fut acheté en 1927 par l’Archevêché – le Cardinal DUBOIS à l’époque, et son auxiliaire Mgr CREPIN - entre l’avenue Daumesnil et la rue Claude Decaen. La crypte de notre église fut inaugurée dès l’Ascension 1929. Elle fonctionna en chapelle de secours en attendant que l’église supérieure s’édifie. Par manque de subsides les travaux n’avancèrent que lentement. A la mort du Cardinal DUBOIS fin 1929, celui-ci fut remplacé par Mgr VERDIER, qui lança ses fameux CHANTIERS DU CARDINAL en 1932, et reprit la suite de la construction (...)
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