jeudi
21 septembre 2017
  Accueil du site > Editos > Edito
 
Enregistrer au format PDF
Edito

Jésus s’est fait reconnaî­tre des deux dis­ci­ples dans l’extra­or­di­naire récit qui était l’Evangile du soir de Pâques. Aujourd’hui, l’Eglise nous pro­pose la suite de ce récit. S’il fal­lait, d’un mot, l’appli­quer à notre vie d’aujourd’hui, je dirais : « Donne-nous, Seigneur, ta Présence, comme sur la route d’Emmaüs ! ».

Car il y a de nom­breux pèle­rins d’Emmaüs aujourd’hui : nous avan­çons sur des che­mins d’inquié­tude, pour de mul­ti­ples rai­sons que nous connais­sons tous et que les médias et les jour­naux nous rap­pel­lent sans cesse. Les deux dis­ci­ples s’en allaient l’air sombre, je marche peut-être avec eux, je suis peut-être comme eux ; mais ce pas­sage de l’Evangile de Saint Luc peut me donner ta Présence, Seigneur, ta Présence dans la vie qui est la mienne, qui est la nôtre aujourd’hui.

Je ne rejoins pas le Christ, Il me rejoint : comme avec les deux dis­ci­ples que Jésus rejoi­gnit sur la route : « Jésus Lui-même était au milieu d’eux » ; Dieu a tou­jours l’ini­tia­tive : reli­sez tous les récits d’appa­ri­tion de Jésus dans les quatre Evangiles. Il en est de même pour cha­cune de nos routes humai­nes : Jésus nous rejoint. Où ? Très exac­te­ment dans ce que nous sommes en train de vivre, pas ailleurs ! Affirmation banale ? Peut-être, mais je connais peu de gens qui l’accep­tent vrai­ment : nous nous entê­tons à le cher­cher ailleurs… Essayons d’inver­ser le cours de nos pen­sées : au lieu de nous évader dans des pro­jets, des rêves, dans l’ima­gi­naire, reve­nons à notre vie très concrète, sou­vent banale, par­fois très dif­fi­cile : c’est là, soyons-en cer­tains, que Jésus mar­chera avec nous.

Alors Il nous dira, comme aux deux dis­ci­ples : « Pourquoi êtes-vous bou­le­ver­sés ? » Car Jésus vient dans le plus pro­saï­que, le plus tra­gi­que, comme le plus sou­riant de ce qui m’arrive ; que de rendez-vous man­qués parce que nous ne l’atten­dions pas là, parce que nous n’avons pas su le voir ! C’est tou­jours Jésus qui a l’ini­tia­tive, même quand je crois que c’est moi qui ai voulu le ren­contrer, dans la prière, dans un sacre­ment, dans l’écoute de mon frère ; c’est tou­jours lui qui m’a pré­cédé et m’a mis au cœur le désir de le ren­contrer en vérité.

« C’est bien moi ! » : C’est le deuxième temps de toute ren­contre avec Jésus : Il se fait reconnaî­tre. Les quatre Evangiles, chacun à sa manière, mani­fes­tent très clai­re­ment que les Apôtres, ou les femmes, ne voient pas un esprit, leur ima­gi­na­tion ne leur fait pas voir Jésus comme s’il s’agis­sait d’un fan­tôme, non : « C’est bien moi ! »

Et il leur montre ses mains et ses pieds, ils por­tent la marque des clous, la Passion n’est pas effa­cée par la Résurrection, le Christ est à jamais un Messie cru­ci­fié. Et il mange avec eux, comme Il l’avait fait lors du der­nier repas ; c’est ainsi qu’ils le reconnais­sent, dans le réa­lisme de la vie quo­ti­dienne. Mais voilà ! Jésus ne m’est pas apparu ! A vous non plus sans doute ? Comment le reconnaî­tre ? Il me semble bien sou­vent que si Jésus vient dans ma vie pour faire route avec moi, cela ne change pas grand’chose !

Jésus a dit aux deux dis­ci­ples : « Esprits sans intel­li­gence ! Cœurs lents à croire ! » Le grand mot est lâché : croire ! Il s’agit de n’être pas lent à croire, de n’être pas lour­daud, ou rustre, devant les pré­ve­nan­ces de Dieu ! Si ma vie reste banale, voire médio­cre, c’est que Jésus y est sans y être, parce que je ne L’ai pas encore reconnu ; seule une foi plus aiguë, plus exer­cée, pour­rait saisir cette Présence, en faire le soleil de ma vie ; la force de la pré­sence active de Jésus dans ma vie dépend de ma foi ; alors je Le ren­contre­rai, je Le reconnai­trai agis­sant en moi, comme Il a agi dans les Apôtres. Tout dépend de cet acte de foi puis­sant et renou­velé : je vois ce que je peux vivre avec Toi, Seigneur, je vois parce que je crois.

Père André Lacau

Découverte de notre église
Si, jusqu’en 1932 le territoire de notre paroisse fut rattaché à Notre-Dame de Bercy, l’urbanisation de notre quartier depuis 1860 nécessita rapidement la construction d’un nouveau lieu de culte. Un terrain fut acheté en 1927 par l’Archevêché – le Cardinal DUBOIS à l’époque, et son auxiliaire Mgr CREPIN - entre l’avenue Daumesnil et la rue Claude Decaen. La crypte de notre église fut inaugurée dès l’Ascension 1929. Elle fonctionna en chapelle de secours en attendant que l’église supérieure s’édifie. Par manque de subsides les travaux n’avancèrent que lentement. A la mort du Cardinal DUBOIS fin 1929, celui-ci fut remplacé par Mgr VERDIER, qui lança ses fameux CHANTIERS DU CARDINAL en 1932, et reprit la suite de la construction (...)
Plan du site |  Mentions légales