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26 juin 2017
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Homélie Pentecote 2012

Dmanche 27 mai 2012 - Saint-Esprit (Paris XIIe)

  • Ac 2, 1-11 ; Ps 103 ; Ga 5, 16-25 ; Jn 15, 26 - 16, 12-15 ;

Frères et Sœurs,

Que va chan­ger la venue de l’Esprit-Saint dans le monde et dans notre vie ? Cette ques­tion se pose pour chacun d’entre nous. Elle se pose avec plus de force encore pour celles et ceux qui vont être confir­més aujourd’hui. Que peu­vent-ils atten­dre de l’Esprit Saint ? Que vont-ils rece­voir de l’Esprit Saint ?

Pour essayer de répon­dre, nous allons écouter sim­ple­ment ce que nous dit l’Écriture. Quand il parle à ses dis­ci­ples et leur annonce la venue de l’Esprit, Jésus leur promet deux choses :

• La pre­mière est d’accé­der à la plé­ni­tude de la connais­sance de Dieu. Dieu nul ne l’a jamais vu et nul ne le verra jamais. Alors, que pou­vons-nous donc savoir de Dieu ? Nous le connais­sons par celui qu’il a envoyé, son Fils, Jésus, qui est Dieu lui-même. À tra­vers lui - et seu­le­ment à tra­vers lui - nous connais­sons le Père. Cette connais­sance que nous avons du Père par le témoi­gnage du Fils prend sa force dans notre propre esprit parce que l’Esprit Saint authen­ti­fie ce témoi­gnage du Christ.

L’Esprit qu’il envoie témoi­gne pour nous que Jésus ne nous trompe pas. C’est ainsi qu’il nous fait croire au Christ, qui est la vérité toute entière. Un témoin est quelqu’un qui a vu quel­que chose que les autres n’ont pas vu. De même, l’Esprit rend témoi­gnage au Christ parce qu’il confirme en nous que celui qui est venu visi­ble­ment dans notre vie d’homme est bien le Fils de Dieu lui-même.

• Mais ce témoi­gnage ne vient pas sim­ple­ment pour nous aider à croire. Jésus annonce aussi à ses dis­ci­ples que l’accueil de ce témoi­gnage les fait entrer dans sa propre mis­sion : « L’Esprit de vérité rendra témoi­gnage en ma faveur et vous aussi vous ren­drez témoi­gnage, vous qui êtes avec moi depuis le com­men­ce­ment. » (Jn 15, 26) Comment pou­vons-nous être témoin ? Les dis­ci­ples peu­vent être témoins parce qu’ils ont accom­pa­gné Jésus tout au long de son minis­tère public. Ils ont vu les signes et les mira­cles qu’il a accom­plis. Ils ont enten­dus ses dis­cours et ses ensei­gne­ments. Au moment de choi­sir celui qui rem­pla­cera Judas dans le col­lège des douze, ils tirent au sort parmi ceux qui étaient avec Jésus depuis le bap­tême de Jean-Baptiste et jusqu’à la Résurrection, quelqu’un qui, comme eux, a vu et entendu. Voilà tout ce dont ils vont être témoins et dont nous aussi nous sommes invi­tés à être témoins à notre tour.

Que change l’Esprit Saint ? Le récit de la Pentecôte nous l’ensei­gne. Nous voyons les douze réunis dans une pièce, pro­té­gés et enfer­més par crainte de subir ce que Jésus lui-même a subi. Ils sont dans la prière, pro­ba­ble­ment aussi dans la tris­tesse parce que Jésus les a quit­tés. Ils se conso­lent peut-être d’être un si petit groupe au milieu d’un monde qui ne connait pas le Christ. Peut-être se plai­gnent-ils les uns aux autres que ce soit si dif­fi­cile d’être ami du Christ au milieu d’un monde qui le rejette ? Mais voilà que l’Esprit des­cend sur chacun d’eux, sous la forme d’une flamme. Et à partir de ce moment-là, au lieu d’être comme des étrangers au milieu de la foule des pèle­rins de Jérusalem, ils se met­tent à parler de telle façon qu’ils sont com­pris par tous. Ne me deman­dez pas com­ment cela se passe ! Je n’en sais rien et je ne connais pas de secret pour appren­dre les lan­gues étrangères ! L’Évangile ne nous le dit pas. Mais le récit des actes mani­feste que le lan­gage de Dieu touche le cœur de tous les hommes. Tous ces peu­ples du Moyen-Orient repré­sen­tés à Jérusalem com­pren­nent ce que disent les apô­tres en ara­méen. Les dis­ci­ples de Jésus ne sont plus les titu­lai­res d’une connais­sance cachée, ils sont les témoins d’une connais­sance par­ta­gée.

Nous sommes aussi appe­lés à être les témoins d’une connais­sance par­ta­gée avec les hommes et les femmes qui nous entou­rent. Nous ne sommes pas appe­lés à vivre entre nous. Nous ne sommes pas appe­lés à rester entre nous à gémir parce que nous serions moins nom­breux que les autres, et à nous plain­dre parce que les autres ne pen­se­raient pas comme nous. Nous sommes appe­lés à aller au-devant des autres et à témoi­gner devant eux que Jésus change quel­que chose à notre vie. Evidemment, ce témoi­gnage peut pren­dre toute sorte de formes. Mais ne cher­chez pas et n’atten­dez pas d’abord les signes les plus extra­or­di­nai­res. C’est d’abord par notre manière de vivre que nous témoi­gnons de la pré­sence et de l’action de Dieu dans notre vie. Le lan­gage que tous les hommes com­pren­nent, avant d’être des paro­les, c’est le dis­cours des actes. En nous voyant vivre, ils doi­vent pou­voir se deman­der ce qui nous habite pour nous donner de vivre d’une façon dif­fé­rente.

Dans l’Epître aux Galates, saint Paul donne des indi­ca­teurs de cette puis­sance de l’Esprit, de cette capa­cité d’aimer nos frères qu’il déve­loppe en nous. Mais atten­tion, aimer nos frères ne signi­fie pas sim­ple­ment aimer nos pro­ches et notre famille. Certes, il est vrai que l’Esprit nous aide à aimer notre famille et nos amis pro­ches. Mais l’Esprit nous donne d’aimer nos frères de manière uni­ver­selle. Il nous apprend à nous reconnai­tre le pro­chain de celui qui a besoin de nous, comme nous dit la para­bole du Bon Samaritain (Lc 10, 36-37). Il nous apprend à nous faire pro­ches les uns des autres, à être frères les uns des autres. Au lieu de nous obser­ver avec jalou­sie, ou envie, ou ran­cune, il nous donne la force de nous réjouir de ce qui arrive de bon aux autres, et de les assis­ter quand il leur arrive du mal­heur.

Témoigner du Christ, c’est vivre de cet amour. Témoigner du Christ c’est vivre dans la cons­tance, la paix et la joie. Car l’Esprit du Christ nous apprend à faire confiance à la pré­sence et à l’amour de Dieu dans tous les événements de notre vie, les événements heu­reux comme les événements mal­heu­reux. Ceux qui n’ont pas d’espé­rance et ceux pour qui la vie s’arrête avec la mort, sont déses­pé­rés par leurs mal­heurs et leurs échecs. Pour eux, c’est comme s’il n’y avait pas de deuxième chance. Mais ceux qui croient que Dieu est vivant et les aime tra­ver­sent ces événements avec force. Ils n’évitent pas les souf­fran­ces de la vie, mais ils savent qu’il y a un amour plus grand que leurs souf­fran­ces.

Frères et sœurs, l’Esprit de Dieu lui-même nous est donné aujourd’hui et par­ti­cu­liè­re­ment à vous qui allez être confir­més. C’est un Esprit de lumière et de force, de paix et de joie, c’est l’Esprit d’amour. Qu’il trans­forme cha­cune de nos exis­ten­ces. Amen.

+ André car­di­nal Vingt-Trois, arche­vê­que de Paris

Découverte de notre église
Si, jusqu’en 1932 le territoire de notre paroisse fut rattaché à Notre-Dame de Bercy, l’urbanisation de notre quartier depuis 1860 nécessita rapidement la construction d’un nouveau lieu de culte. Un terrain fut acheté en 1927 par l’Archevêché – le Cardinal DUBOIS à l’époque, et son auxiliaire Mgr CREPIN - entre l’avenue Daumesnil et la rue Claude Decaen. La crypte de notre église fut inaugurée dès l’Ascension 1929. Elle fonctionna en chapelle de secours en attendant que l’église supérieure s’édifie. Par manque de subsides les travaux n’avancèrent que lentement. A la mort du Cardinal DUBOIS fin 1929, celui-ci fut remplacé par Mgr VERDIER, qui lança ses fameux CHANTIERS DU CARDINAL en 1932, et reprit la suite de la construction (...)
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