
Charlotte Saliou, attachée de presse, a interviewé Benjamin Tortiger : « Le parallélépipède allongé crée une résonance chromatique et structurelle avec le retable de cuivre et croise la verticalité du ciborium pour cadrer impérativement le regard dans l’axe majeur de l’allée centrale. Ouverte face à l’assistance, la coque d’acier plié de l’ambon fait écho au jeu des facettes de l’abat-voix de la chaire. La « Parole » n’y vient plus d’en haut mais arrive comme une contribution à l’acte d’élévation ».
Introduisant d’autres valeurs, sa technicité et sa logique, Benjamin Tortiger revisite l’esthétisme habituel. Nous sommes néanmoins dans la demeure de Dieu. Les codes du design s’enrichissent de contraintes nouvelles, celles dictées par la tradition ecclésiastique. En les réinterprétant, en se les réappropriant, le design acquiert une richesse supplémentaire et l’église se dote d’une aura plus moderne. Autel et ambon se fondent dans une composition globale, l’animent subtilement et discrètement. Ces pièces existent pour diffuser la parole divine relayée par l’homme d’Eglise. Elles ne sont donc pas à proprement parlé, des objets « spectacle »
La présence de cet ensemble procure une sensation d’autorité. L’originalité de cette création existe, grâce entre autres, à cette impression laissée, comme si la présence de cet ensemble, ici, devant nous, nous était naturelle. Le sens premier n’est pas affaibli ni même déformé : « L’autorité » ecclésiastique subsiste mais elle nous surprend par sa douceur.
Cette force incarnée avec malice et poésie nous accompagne au Saint-Esprit.

