« je ne te dis pas Sept fois, mais soixante-dix-fois sept fois. » (Mt 18,)
L’évangile de ce dimanche insiste sur le pardon : « ‘quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ?’. Jésus lui répondit : ‘je ne te dis pas Sept fois, mais soixante-dix-fois sept fois.’ »
Il n’y a que chez Dieu que se trouve ce « soixante-dix fois sept fois » ! Mais parce que nous sommes pardonnés indéfiniment par notre Père du ciel nous ne pouvons que suivre ce chemin – souvent très difficile – du pardon à notre frè-re. Pour nous aider à mieux voir la spécificité du pardon chrétien, regardons ra-pidement comment d’autres religions vivent le pardon.
- 1 - Dans le bouddhisme, où l’idée d’un Dieu qui pardonne n’existe pas, ce qui est mis en avant est l’effet que le pardon peut avoir sur celui qui pardon-ne. « Quand un bouddhiste pardonne, c’est lui qui en est le premier bénéficiai-re ; le pardon est en effet l’un des visages de la sagesse libératrice que le Boudd-ha a découverte ». (Denis GIRA).
- 2 - Dans le judaïsme, le pardon a ses origines dans la Bible. La fête de KIPPUR le célèbre : Lévitique 16, 30 : « En ce jour Dieu vous accordera le par-don afin de vous purifier ». Les dix jours qui précèdent KIPPUR sont pour les juifs l’occasion de réparer leurs torts et de se réconcilier. « Le pardon est une démarche exigeante qui engage la responsabilité, nul ne peut se substituer à au-trui : il n’y a que moi, qui ai lésé mon frère, qui puisse aller lui demander par-don, et lui seul peut me pardonner ; Dieu lui-même ne le peut que si mon frère me pardonne ; le pardon est subordonné au repentir et à la répara-tion. » (Geneviève COMEAU).
- 3 - Dans l’Islam, Dieu a l’initiative du pardon : « Demandez pardon à votre Seigneur et revenez à lui en pécheurs repentants » (sourate 113). « C’est pourquoi les Musulmans se manifestent un pardon mutuel le jour de l’Aïd et Fitr, la fête de la rupture du jeûne du Ramadan » (cette année, c’était le 30 août). « Ce jour-là a lieu la réconciliation de la communauté, le pardon entre les hom-mes ». (Alain FEUVRIER, sj)
- 4 - Chrétiens, il nous faut respecter la dimension proprement divine du pardon, laquelle est celle du pardon des péchés : « à strictement parler, nous ne pardonnons pas aux autres leurs péchés, mais nous pouvons leur pardonner et nous leur pardonnons effectivement le mal qu’ils nous ont fait. » (Joseph CAIL-LOT : Croire en Dieu notre Père, page 130). Père André LACAU

