Célébration de l'Installation du Père Gilles Rousselet, notre nouveau curé,
Dimanche 21 septembre 2008
par Monseigneur Aupetit
vicaire général du Doyenné Picpus-Bercy
Le mot d’accueil du Conseil Pastoral prononcé par Bruno Mettling, vice-président :
"Bonjour à tous,
C’est une grande joie pour le représentant du conseil pastoral d’accueillir en ce dimanche 21 septembre, Monseigneur Aupetit, vicaire général de Paris, et Gilles Rousselet notre nouveau curé.
Permettez-moi également d’accueillir les Pères André LACAU et Bernard HERAUT qui se
consacreront à notre paroisse, et les Pères Gérard CHANTEREAU, Pierre-Yves PECQUEUX, chargés de mission, et Richard POLAYE, prêtre étudiant.
Notre paroisse du St Esprit est toujours heureuse de votre présence, Père Aupetit, a
fortiori lorsqu’il s’agit d’une étape importante comme celle de l’installation officielle de sonnouveau curé.
Père Aupetit, vous avez réalisé, il y a moins d’un an, une visite pastorale qui a été
l’occasion d’une rencontre attentive avec notre communauté, et en particulier avec les
nombreux mouvements actifs sur notre paroisse.
Gilles, tu as été ordonné prêtre le 14 mai 1994 dans cette paroisse où tu es resté près de
deux ans et où tu as conservé de nombreux amis.
C’est dire que vous nous connaissez bien.
Permettez-moi néanmoins de vous faire partager, ce qui a été au coeur de l’action conduite ces dernières années par l’ensemble de l’équipe pastorale, sous l’impulsion de son curé, par les prêtres, diacres, religieuses, et des laïcs engagés.
Nous avons souhaité, nous nous sommes efforcés de développer une église témoin d’une présence chrétienne au coeur du 12ème arrondissement, qui accueille et accompagne dans leur foi ceux qui le souhaitent ou sont en recherche.
Nous avons souhaité, nous nous sommes efforcés de développer une église impliquée
dans son quartier, ouverte à son environnement, attentive à aller à la rencontre des habitants et des responsables, quels qu’ils soient, avec une attention particulière aux plus démunis, aux plus fragiles.
Nous avons souhaité enfin une paroisse enfin du diocèse de Paris, impliquée dans la
réflexion, les échanges mais aussi dans la solidarité entre paroisses du doyenné et du
diocèse.
Il reste beaucoup à faire, pour construire et développer cette église ouverte au monde qui nous entoure, attentive à tous, proposant ce message et ce regard chrétien.
Cher Gilles, les nombreux fidèles ici présents, les participants aux groupes actifs sur cette paroisse souhaitent par mon intermédiaire te dire tout simplement leur disponibilité pour continuer, plus que jamais, à faire route ensemble."
HOMELIE DE MONSEIGNEUR Michel AUPETIT :
"Mes pensées ne sont pas vos pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins ». Quelle belle illustration nous avons avec cette parabole de Jésus. Que celui qui a travaillé seulement une heure touche la même somme que celui qui a peiné toute la journée sous le poids de la chaleur, cela heurte notre sens de la justice. Cette justice humaine qui est sur le mode distributif : à chacun son dû. Il n’y a aucune générosité dans cette justice, elle est seulement équitable. Notre actuel président de la République française a été élu sur cette affirmation : « travailler plus pour gagner plus ». Jésus nous prend à contre-pied. Certainement, s’il s’était présenté à nos élections, il n’aurait pas été élu. Mais, il n’a pas besoin de nos suffrages puisque c’est lui qui nous élit, lui qui nous ouvre les portes du Ciel.
D’ailleurs de quelle injustice parle-t-on ? Celui qui a travaillé toute la journée reçoit son salaire, il n’est pas spolié. Le problème, c’est que nous aurions aimé que celui qui travaille moins gagne moins. Nous ne comprenons pas la générosité du maître de la vigne. N’incite-t-elle pas à la paresse ? Il est dit que si ces ouvriers de la dernière heure n’ont pas travaillé, ce n’est pas par fainéantise, mais bien parce qu’ils n’ont pas trouvé de travail.
Transposons maintenant dans la vie spirituelle. Je ne sais pas si vous êtes chrétiens depuis l’enfance, si vous avez toujours été fidèles à Dieu, si vous avez eu la chance de vivre depuis longtemps dans l’intimité du Seigneur ou si vous venez de découvrir le Dieu de Jésus-Christ et l’Amour infini qu’il nous porte. Ne soyons pas comme le fils aîné envers son frère prodigue : jaloux et amer. Notre récompense ce n’est pas une satisfaction matérielle ou un bien particulier, notre récompense c’est Dieu lui-même. Notre pape, Benoît XVI, qui vient de nous visiter demande dans son livre Jésus de Nazareth : « Que nous a apporté Jésus-Christ ? Il nous a apporté Dieu ». Car Dieu ne sait que se donner : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie ». Bienheureux, ceux qui vivent dans l’intimité du Christ depuis l’enfance, bienheureux ceux qui ont façonné leur vie en ayant l’Esprit Saint comme guide, bienheureux ceux qui parlent à Dieu le Père tous les jours dans une intimité pleine de respect et d’affection. Comment pourraient-ils être amers, comment pourraient-ils être jaloux de ceux qui les rejoignent dans cette communion céleste ? S’ils sentent une amertume, ils doivent sérieusement se poser la question de leur relation à Dieu : est-ce celle d’un esclave ou celle d’un fils ? S’ils sont fils, ils doivent se réjouir que l’amour du Père se répande dans tous les coeurs, que sa volonté s’accomplisse dans chaque homme, chaque femme par le don de l’Esprit. Aujourd’hui, j’installe votre curé au nom de l’archevêque qui lui confie sa charge épiscopale d’enseigner, de sanctifier et de gouverner. Ce gouvernement n’est pas un pouvoir pour diriger, c’est l’office de celui qui rassemble dans la paix et la communion. La sanctification est sa charge de partager ce que le Christ a confié à son Eglise : les sacrements qui déploient en nous la vie divine. L’enseignement doit porter à l’intelligencela Parole même de Dieu qui nous permet de saisir sa volonté.
En vous donnant un curé qui prend soin (curare en latin) de ceux qui lui sont confiés, c’est un cadeau que Dieu vous donne par les mains de notre archevêque. Mais vousmêmes
êtes un cadeau pour lui, car son ministère s’exerce pour vous et par vous et il a
besoin de chacun d’entre vous pour l’exercer, comme cette eucharistie qu’il célèbre « in
persona Christi » est offerte à Dieu par le peuple sacerdotal des baptisés pour le salut du
monde.
Alors vous porterez ensemble la Bonne Nouvelle du Christ à tous ceux qui voudront
l’accueillir et votre communauté sera bénie et signe de bénédiction."