« Que tous soient un ! » (Jn 17,21)
Chaque année, du 18 au 25 janvier, les chrétiens du monde entier vivent la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Cette démarche, née au début du XXᵉ siècle, invite à prier, réfléchir et agir pour que les disciples du Christ se rapprochent, dans la fidélité à l’Évangile.
L’œcuménisme est né d’une prise de conscience : le scandale des divisions entre chrétiens affaiblit le témoignage de l’Évangile. Après des siècles de séparations, marquées par des incompréhensions, des conflits et des blessures profondes, un mouvement spirituel est né, d’abord chez les protestants à la fin du XIXᵉ siècle, puis chez les anglicans et les orthodoxes. L’Église catholique, longtemps prudente malgré les efforts de certains pionniers (le Cardinal Mercier, le père Couturier, le bénédictin Dom Lambert Beauduin, le dominicain Yves Congar, le pape Jean XXIII…) s’y est engagée résolument depuis le concile Vatican II (1962-1965). Dans le décret Unitatis redintegratio, elle affirme que « la restauration de l’unité entre tous les chrétiens est l’un des buts principaux du saint Concile œcuménique ».
Depuis, de nombreux dialogues se sont ouverts entre Églises : catholiques et orthodoxes, catholiques et protestants, anglicans, réformés, évangéliques… Ces rencontres ont permis d’importants rapprochements, notamment autour de la compréhension commune du baptême, de la Parole de Dieu et de la mission. Des gestes symboliques forts — comme la rencontre du pape François avec le patriarche Bartholomée, ou la commémoration commune de la Réforme en 2017 — témoignent de cette fraternité retrouvée.
Mais le chemin reste long. Les différences théologiques demeurent sur certains points (ministère, primauté du pape, compréhension des sacrements), et les sensibilités culturelles ou ecclésiales varient selon les pays. Pourtant, un lien profond unit déjà tous les baptisés : celui de la foi au Christ ressuscité. L’œcuménisme n’est pas d’abord une stratégie d’uniformité, mais une conversion du cœur, un apprentissage du regard fraternel.
Aujourd’hui, les enjeux sont spirituels et missionnaires : dans un monde sécularisé, les chrétiens sont appelés à témoigner ensemble de l’espérance qui les habite, à servir les pauvres, à promouvoir la paix et la justice. L’unité ne se fera pas sans nous : elle se tisse dans la prière partagée, l’écoute mutuelle, la collaboration concrète.
C’est dans cet esprit que notre paroisse accueillera, le mardi 20 janvier à 20h30, la célébration œcuménique régionale. Les responsables des communautés catholiques, protestantes et orthodoxes de tout le secteur s’y retrouveront pour prier ensemble le Christ, source de notre unité. Notre archevêque Mgr Ulrich sera l’un d’entre eux.
Venez nombreux ! Que cette rencontre nous aide à reconnaître en chaque frère chrétien le visage du même Seigneur, et à faire grandir la communion entre nos Églises. Je confie cette rencontre à votre prière.
P. Arnaud