« Vous  allez recevoir  une  force,  celle  de  l’Esprit  Saint  qui  viendra  sur  vous.  Alors, vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et  la Samarie et  jusqu’aux  extrémités  de  la  terre » (Actes  1,9).

Frères et sœurs, nous sommes des êtres de désir. Nous avons de grandes aspirations. Mais nous nous rendons bien comptes qu’aucune chose en ce monde ne pourra combler notre désir. Plus nous gagnons des choses ou atteignons des niveaux, sociale ou intellectuelle plus élevées, et plus nous comprenons que ce ne sont pas des réalités ultimes. Le Christ nous montre que la seule réalité à laquelle il nous faut aspirer de toutes nos forces comme réalité ultime de notre vie est le ciel. Ainsi, il n’y a pas de désir plus grand que celui d’être un jour avec Dieu au ciel dans la gloire. Le Christ dans son Ascension en ce jour nous donne la possibilité et nous montre le chemin. Tout le sens de cette solennité nous est déjà donné dans l’oraison d’ouverture de cette messe : « Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce, car l’Ascension de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de Son corps, Il nous a précédés dans la Gloire auprès de Toi, et c’est là que nous vivons en espérance ».

L’Ascension est la suite logique de la Résurrection. Elle est pour nous un appel à l’espérance et à l’action de grâce. Après avoir partagé notre condition humaine et ses tribulations, et s’être manifesté à ses disciples pendant 40 jours après sa Résurrection, le Christ Ressuscité monte au ciel sous le regard émerveillé de ses disciples. Revêtu de notre humanité il siège désormais à la droite du Père. Oui, le Christ est monté dans la gloire avec notre humanité. Nous comprenons par là que désormais chacun de nous a sa place privilégiée à la droite du Père. L’ascension de Jésus n’est donc pas un exploit individuel : elle nous ouvre le chemin de notre maison qui n’est pas située en haut, mais en Dieu. Il y a beaucoup de chambres, ce qui veut dire qu’il y a aussi une place pour toi mon frère, ma sœur. C’est une grande joie pour nous de savoir que nous avons notre place dans le cœur de Dieu. Aussi sommes-nous invités à nous tourner vers les réalités d’en haut et à vivre dans l’attente de l’accomplissement de notre propre élévation. Mais cette attente n’est pas pour nous une passivité. Le Seigneur nous confie une triple mission assortie d’une triple promesse qu’il convient de redécouvrir.

 1 –  La promesse du Saint Esprit et l’appel à évangéliser  : « Vous  allez recevoir  une  force,  celle  de  l’Esprit  Saint  qui  viendra  sur  vous.  Alors, vous serez mes témoins (…)  jusqu’aux  extrémités  de  la  terre » (Actes  1,9). C’est ainsi que l’Ascension ouvre pour les apôtres, le temps de la mission. Ils ont désormais la responsabilité de continuer la belle aventure d’amour qu’ils ont vécu avec Jésus. ; Ils  ont la mission d’annoncer la bonne nouvelle du salut à toutes les nations et de faire au Christ de nouveaux disciples. Cette mission est vaste, elle sera difficile et les persécutions ne manqueront pas. Pour l’accomplir, ils auront besoin de la force de l’Esprit Saint. L’Ascension nous renvoie à notre mission sur terre. En  tant  que  chrétiens  baptisés  et  confirmés,  nous avons  à  témoigner  de  notre  foi  en  Jésus  ressuscité.  Certains  le  font  au péril  de  leur  vie.

D’autres se posent la question de savoir comment annoncer cette bonne nouvelle de l’évangile. Ils se disent : Je ne suis pas bien formé, qu’est-ce que je peux bien dire. Eh, bien ! Retenons qu’annoncer Jésus-Christ, ce n’est pas d’abord annoncer des connaissances sur le Christ. L’évangélisation n’est pas d’abord une question de connaissance, mais une question d’amour et de vie. Il s’agit de partager avec nos frères et nos sœurs ce qui donne sens à notre vie de chrétien. Il s’agit de partager notre foi et notre expérience du Christ. Les apôtres n’ont pas fait autre chose que de dire ce qu’il vu et entendu et qui a changer leur vie. En plus, nous ne sommes jamais seuls, car le Saint Esprit vient animer notre témoignage. L’évangélisation n’est pas non plus une action solitaire, c’est l’œuvre de toute l’église. Le Christ n’a pas dit : « va », mais « allez ». Nous sommes envoyés ensemble. Chaque engagement pour l’évangélisation, même individuel est porté par toute l’Église dans l’Esprit Saint.

2 La promesse de la présence permanente du Seigneur et la mission de baptiser. L’Ascension inaugure une nouvelle forme de présence du Christ avec ses disciples. Les sacrements en sont particulièrement le lieu. Les sacrements, en commençant par le baptême rendent le Christ présent au milieu de son peuple. Le Christ donne pouvoir à ses disciples de sanctifier les hommes par les sacrements pour les ouvrent véritablement justement à sa présence, réelle et agissante.

3- La promesse du retour glorieux du Christ et l’invitation à la fidélité à ses commandements : « Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus qui a été enlevé du milieu de vous reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. Attendez-le comme il vous l’a demandé.» Attendre le Christ, c’est rester fidèle à ses commandements. La mission consiste là encore à veiller à ce que les nouveaux disciples du Christ persévèrent dans le commandement de l’amour de Dieu et du prochain. « Apprenez-leur à observer ce que je vous ai commandé ».

Telle est au fond la triple mission de l’Église : enseigner, sanctifier et gouverner. Ce sont tous les baptisés, en tant que membres du corps du Christ, qui participent, chacun selon son état, à cette triple mission. La mission a pour but d’embarquer l’humanité entière sur le chemin du salut. C’est une manière de dire que cette bonne nouvelle est pour tous, pas seulement pour les plus proches, les plus réceptifs, les plus accueillants. Allez, portez le Christ en tout milieu, jusqu’aux “périphéries”. Ne laissez pas de côté celui qui semble le plus loin et le plus indifférent. Le Seigneur est à la recherche de tous. Il veut que tous ressentent la chaleur de sa miséricorde et de son amour. Son grand projet, c’est de rassembler toute l’humanité dans son Royaume, y compris ceux qui sont très loin et très bas.

Le Christ a besoin de nous aujourd’hui pour délivrer notre monde de tout mal. Porter l’Évangile c’est porter la force de Dieu pour arracher et démolir le mal et la violence, c’est mettre l’amour là où il n’y a que haine, égoïsme et intolérance. À travers nous, c’est le Seigneur lui-même qui agit dans le cœur des hommes. Il nous associe à sa victoire sur la mort et le péché. Comme les apôtres, prenons les dix jours qui nous séparent de la Pentecôte pour prier intensément afin de nous rendre plus disposés à accueillir le don du Saint Esprit promis par le Seigneur. Amen !

BONNE FÊTE DE L’ASCENSION DU SEIGNEUR

P. Thomas