Guerre et Paix

Il existe plusieurs sortes de guerres.

La guerre entre l’homme et son semblable. Aujourd’hui encore, elle fait rage dans plusieurs endroits du globe. Le Christ a refusé ce type de guerre. A Pierre qui avait sorti son épée pour frapper le serviteur du grand prêtre, il dit : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. » Comment alors répondre à la violence ? La réponse est simple… mais difficile à vivre : « À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue… aimez vos ennemis… soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. » A la fête des tentes à Jérusalem, alors que « les Juifs cherchaient à le tuer », Jésus n’oppose aucune violence, mais il continue d’enseigner dans le Temple, sûr que sa Parole de Vie sera reçue par certains.

Un autre type de guerre est celle que l’homme mène contre les maladies, comme l’a martelé Emmanuel Macron pour qualifier la situation actuelle. Jésus s’est lui-même pleinement engagé dans cette guerre-là, guérissant de nombreux malades.

Enfin, il existe la guerre que l’homme doit mener contre… lui-même, ou plutôt contre tout ce qui l’empêche d’être libre en lui-même. Il s’agit du combat spirituel, « aussi brutal que la bataille d’hommes » selon Rimbaud. Alors que nous pouvons être épargnés par les deux premiers types de guerre, nous ne pouvons échapper au troisième. Le Christ l’a connu lui-même, et il a remporté le combat, comme le premier dimanche de Carême nous l’a rappelé. La période du Carême dans laquelle nous sommes engagés doit nous aider à devenir plus forts dans le combat spirituel. Dans son homélie à Sainte Marthe hier matin, le pape François disait : « Oui, certains d’entre vous peuvent me dire : “Mais je n’ai pas d’idoles à la maison. J’ai le Crucifix, l’image de Notre-Dame, qui ne sont pas des idoles…” – Non, non: dans votre cœur. Et la question que nous devrions nous poser aujourd’hui est la suivante: quelle est l’idole qu’il y a dans votre cœur, dans mon cœur. Cette sortie cachée où je me sens bien, qui m’éloigne du Dieu vivant. Et nous avons aussi une attitude très intelligente avec l’idolâtrie: nous savons comment cacher les idoles, comme l’a fait Rachel lorsqu’elle a fui son père et les a cachées dans la selle du chameau et parmi ses vêtements. Nous aussi, parmi nos habits du cœur, nous avons caché beaucoup d’idoles ».

Frères et sœurs, en cette période anxiogène, soyons des artisans de Paix. Paix pour ceux qui se tuent, se haïssent, se disputent… Paix pour les malades, qui ont besoin non seulement de soins mais aussi de réconfort. Paix pour nous-mêmes, qui devons affronter le diable et nous libérer de nos idoles. En nous unissant au Christ, le prince de la Paix, nous ferons du bien à nous-mêmes, mais aussi à tous nos contemporains qui souffrent de la guerre, quelle qu’elle soit, et des peurs qu’elle engendre.

P. Arnaud