En prolongement de la réunion zoom du groupe des jeunes “aînés”, je vous fait part de mon commentaire, de ma méditation, à partir du Psaume 21 que nous avons partagé ensemble hier soir :

Une prière d’une belle progressivité – du désarroi à la confiance proclamée -, prière vivante et concrète.

Jusqu’au verset 19 inclus, le psalmiste dit sa détresse, son désarroi.

Il dit au Seigneur tout ce qu’il endure : “Des fauves nombreux me cernent … la poussière de la mort.”

Il dit au Seigneur son désarroi : “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?”

Versets 20, 21, et début de 22, le psalmiste demande à Dieu de le sauver.

Il dit au Seigneur qu’il sait bien que c’est lui sa force : “ô ma force”.

Il se tourne vers lui pour lui demander de le sauver : “ne sois pas loin … viens à mon aide … sauve-moi”.

Fin du verset 22, et versets 23, 24, 25, le psalmiste reconnait que Dieu vient à son secours.

“Tu m’as répondu !”

Dieu “n’a pas rejeté … le malheureux … il entend sa plainte”, proclame le psalmiste

Verset 26 jusqu’à la fin, le psalmiste loue et proclame Dieu.

Verset 26 : Louange

Verset 28 : Espérance “La terre entière … reviendra vers le Seigneur”

Verset 31 : Le psalmiste se donne au Seigneur “Et moi, je vis pour lui”

Verset 32 : Le psalmiste proclame “Le Seigneur est Justice”

Notons au passage la préfiguration de Jésus.

Même si cette prière repeint le passé en rose (versets 5 et 6 : la réponse de Dieu se faisait parfois attendre, il a fallu aux pères une très persévérante espérance), elle est – 1000 ans avant Jésus – prophétique :

“Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?”, “Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre ! Qu’il le sauve”, “Ils me percent les mains et les pieds”, “Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement” : la Passion du Christ.

Un bel exemple pour notre prière.

Que nous aussi notre prière exprime vraiment notre vie, osons dire à Dieu ce qui ne va pas.

Confions-nous vraiment à Dieu, entrons réellement en dialogue, en relation, avec Lui.

Croyons qu’il est notre force, sachons voir comment il est avec nous.

N’hésitons pas à rédiger notre propre prière.

Un lien avec ce que nous vivons aujourd’hui.

Aujourd’hui, la privation de liberté nous pèse; les incertitudes sanitaires, économiques et sociales nous inquiètent, et sont dramatiques pour beaucoup en France et à travers le monde : confions-nous à Dieu.

Mais, comme le disait hier soir le Père Bruno, sachons aussi voir en cette période de confinement les liens familiaux qui s’approfondissent, se nouent ou se renouent, la réflexion qui retrouve place, les attentions aux voisins, les gestes de solidarité, les applaudissements à 20 h., la redécouverte de professions trop souvent ignorées alors qu’elles nous font vivre (personnel de ménage des hôpitaux, personnel de ramassage de nos ordures, conducteurs de transports en commun, …), le dévouement des soignants et de beaucoup d’autres, …

Dans ce psaume, des questions, des appels, pour chacun de nous aujourd’hui.

Fin du verset 22 : “Tu m’as répondu !”. Comment me répond aujourd’hui le Seigneur ? Pas forcément comme je l’espérais, mais il est avec moi, il me donne sa grâce, sa force, pour vivre la situation dans laquelle je suis. Dieu n’envoie pas de châtiment, mais à travers toute situation – heureuse ou malheureuse – il me fait signe, il m’appelle : est-ce que je sais discerner la main qu’il me tend ?

Verset 25 : “il ne s’est pas voilé la face”. Et moi, toutes les fois où je détourne mon regard pour ignorer la souffrance et l’appel de mon prochain … Le Pape François nous appelle sans cesse à refuser l’indifférence qui nous guette tous.

Verset 27 : “ceux qui le cherchent”. Est-ce que je cherche vraiment Dieu ?

Versets 26, 28, 31, 32 : Quelle est ma louange, mon Espérance ? Est-ce que j’offre mes journées au Seigneur ? Qu’est-ce que je dis de Lui ?

N’hésitez pas à réagir.

Et n’oublions pas le Père Bruno dans notre prière, pour le remercier, pour sa mission future.

Amicalement.

Jean.

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Psaume 21

02 Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Le salut est loin de moi, loin des mots que je rugis.

03 Mon Dieu, j’appelle tout le jour, et tu ne réponds pas ; même la nuit, je n’ai pas de repos.

04 Toi, pourtant, tu es saint, toi qui habites les hymnes d’Israël !

05 C’est en toi que nos pères espéraient, ils espéraient et tu les délivrais.

06 Quand ils criaient vers toi, ils échappaient ; en toi ils espéraient et n’étaient pas déçus.

07 Et moi, je suis un ver, pas un homme, raillé par les gens, rejeté par le peuple.

08 Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête :

09 « Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre ! Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

10 C’est toi qui m’as tiré du ventre de ma mère, qui m’a mis en sûreté entre ses bras.

11 A toi je fus confié dès ma naissance ; dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu.

12 Ne sois pas loin : l’angoisse est proche, je n’ai personne pour m’aider.

13 Des fauves nombreux me cernent, des taureaux de Basan m’encerclent.

14 Des lions qui déchirent et rugissent ouvrent leur gueule contre moi.

15 Je suis comme l’eau qui se répand, tous mes membres se disloquent. Mon cœur est comme la cire, il fond au milieu de mes entrailles.

16 Ma vigueur a séché comme l’argile, ma langue colle à mon palais. Tu me mènes à la poussière de la mort.

17 Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m’entoure. Ils me percent les mains et les pieds ;

18 je peux compter tous mes os. Ces gens me voient, ils me regardent.

19 Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement.

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20 Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide !

21 Préserve ma vie de l’épée, arrache-moi aux griffes du chien ;

22 sauve-moi de la gueule du lion et de la corne des buffles.

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Tu m’as répondu !

23 Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée.

24 Vous qui le craignez, louez le Seigneur, glorifiez-le, vous tous, descendants de Jacob, vous tous, redoutez-le, descendants d’Israël.

25 Car il n’a pas rejeté, il n’a pas réprouvé le malheureux dans sa misère ; il ne s’est pas voilé la face devant lui, mais il entend sa plainte.

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26 Tu seras ma louange dans la grande assemblée ; devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.

27 Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ; ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent : « A vous, toujours, la vie et la joie ! »

28 La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur, chaque famille de nations se prosternera devant lui :

29 « Oui, au Seigneur la royauté, le pouvoir sur les nations ! »

30 Tous ceux qui festoyaient s’inclinent ; promis à la mort, ils plient en sa présence.

31 Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ; on annoncera le Seigneur aux générations à venir.

32 On proclamera sa justice au peuple qui va naître : Voilà son oeuvre !